J’ai terminé récemment “Les Disparus”, un livre monumental de Daniel Mendelsohn, dans lequel l’auteur part sur les traces de ses ancêtres exterminés par les nazis durant la seconde guerre mondiale en Ukraine. Un essai-enquête émouvant, parfois difficile, profondément humain.
Au cours de ma lecture, une phrase, parmi tant d’autres attira mon attention : “Il y a une plaisanterie que les gens de cette partie de l’Europe de l’Est aiment raconter, qui explique un peu pourquoi les prononciations et l’orthographe ne cessent de changer : c’est l’histoire d’un type qui est né en Autriche, qui est allé à l’école en Pologne, qui s’est marié en Allemagne, qui a eu des enfants en Union Soviétique, et qui meurt en Ukraine. Pendant tout ce temps, dit la plaisanterie, il n’a jamais quitté son village.”
Europe de l’est. Ukraine. Pologne. Sans que j’y fus préparé, le récit de Mendelsohn m’amena sur la trace de mes grand-parents paternels. Et sur les nombreuses zones d’ombre de leurs origines respectives : les papiers d’identité de mon grand-père affirment qu’il était polonais, alors que son village est en Biélorusse (république de belarus ?), ma grand-mère parlait polonais à ses enfants alors que j’étais persuadé qu’elle était ukrainienne — selon son état civil, il semblerait même qu’elle soit née autrichienne ! —.
Très vite, j’eus envie de savoir où se situait ce fameux village de Bolechow dont étaient originaires les ancêtres disparus de Daniel Mendelsohn. Un pressentiment ? Quelques “googlisations” plus tard — le temps de m’apercevoir que l’orthographe ukrainienne était plus précisément Bolekhiv —, j’appris que ce village de l’ouest de l’Ukraine, tout près de Lvov (Lviv), était situé à 20 kilomètres à peine du village natal de ma grand-mère, Medenychi (prononcer médénitsé). De quoi lire désormais ce livre avec un sentiment d’urgence décuplé, s’il en était besoin.
Coïncidence troublante que ce livre, en tout cas, au moment même où nous évoquions en famille l’éventualité d’un voyage en Ukraine; des cousins de mon père y vivent toujours, à l’endroit même où ma grand-mère est née. Ce voyage est très important aux yeux de mon père; il veut s’y rendre avec ses trois fils; nous laisser nos origines en héritage. Nous lui devons bien ça. Il est question d’un retour aux sources au printemps.
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écrit par pazpatu
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