Que ferez vous le 8 avril ? Vous êtes-vous déjà posé la question ?
…
j’en étais sûr
…
Oh, moi ça m’est égal. Je ne serai probablement pas là ce jour-là, mais vous ?
…
ça me déçoit
…
Vous n’avez donc plus envie de poésie, de rêve, de couleurs chatoyantes et de monstres affectueux ? Après cet hiver que l’on pourrait qualifier de…long… ?
…
Ne me dites pas que vous avez oublié…pas vous ! Peut-on oublier la sortie d’un nouveau film de Miyazaki ?!
“Ponyo sur la falaise” qu’il s’appelle, le petit nouveau — remarquez au passage la parenté avec “Kafka sur le rivage” —.
Et, comme d’habitude, il a l’air très bien
C’est toujours pareil. Systématique et ostentatoire. Ostensible, dites-vous ? Va pour ostensible…
Toujours la même chanson, au propre comme au figuré. Aujourd’hui comme hier, et certainement demain, ma chère et tendre chante devant sa purée cet improbable tube pubesque estampillé 1976 : “Quand je fais de la purée Mousline, je suis sûre que tout l’monde en reprend“. Mes enfants la connaissent , à force, et même si la source leur est inconnue, ils rigolent de bon cœur.
Sauf qu’aujourd’hui, j’ai pris les choses en main. Je leur ai fait voir et entendre l’original. Ca a vieilli, indubitablement, mais la musique, signée Roland Vincent — compositeur de “Pour un flirt” et “Chez Laurette”, excusez du peu —, reste très classe. On a bien rigolé
Mais vous savez ce que c’est. Clic. Clic. On ne peut pas s’en empêcher. Clic. Clic. On se retrouve très vite à ré-écouter ça (une de mes préférées du monde de tous les temps, signée du génialissime Gotainer) et bien sûr ça (même pas de mérite tellement elle est mortelle). Bon j’arrête, je suis en train de me taper Royco et Narta. Au secours !!!!!Et vous, vos musiques de pub préférées ?
J’ai eu un choc quand j’ai appris la nouvelle. Sans déconner. Comme si on m’avait dit que la Joconde avait été peinte en 1954 par un obscur peintre montmartrois. Ou que quelqu’un double la voix de Prince lors de ses concerts. Pas moins. Jean-paul Goude vient en effet de révéler, dans un livre retraçant ses 30 ans de carrière, que la photo ornant la pochette de l’album “Island Life”, représentant Grace Jones dans une arabesque insensée, était en fait une image résultant d’un photo-montage. Citant souvent Grace Jones comme le canon black ultime sur la seule foi de cette image, il ne me serait pas venu à l’idée, ne serait-ce qu’une seconde, de remettre cette photo en question. Naif que j’étais. La seule chose qui me rassure c’est qu’étant donné le raffut que cette nouvelle provoque sur le net, je ne devais pas être le seul. Non mais.
Concert de Cocorosie hier au soir à la Kulturfabrik d’Esch/Alzette. Passé un bon moment en compagnie des soeurs Casady. Instrumentarium délirant fait d’un mélange hétéroclite de petits instruments enfantins (flûtes en tout genre, jouets Fisher Price dispensant des petits sons cheap comme ceux qui ont vrillé les oreilles de tant de parents, petits glockenspiel, dictaphone…), de binious traditionnels (Hu lu si chinois, harpe celtique, harmonium, piano, synthé) et d’une human beatbox.
Dispositif scénique réduit au minimum : une table pour les petits instruments, 4 personnes pour jouer de tout ce fatras, (dont le multivocaliste qui ne se servait que de son orifice buccal, fichtre !) et un pauvre drap tendu destiné à recueillir une projection de très belles images tour-à-tour oniriques, étranges, glauques et parfois dérangeantes.
Deux frangines maîtrisant parfaitement cette machinerie de nature expérimentale : Sierra, solaire et rayonnante, multi-instrumentiste à la voix lyrique bien maîtrisée, dansant volontiers au centre de la scène en véritable “patronne” de la confrérie; Bianca, bien plus discrète, souvent dos au public, bricolant de petits sons espiègles sur une grande table, chantant discrètement dans un dictaphone dont le matériel sonore serait instantanément recyclé au micro, soufflant dans une multitude de flûtes et usant d’un chant extrêmement particulier évoquant parfois Joanna Newsom (écoutez la fin de ce génial morceau, please) ou Björk, deux artistes pour lesquelles j’ai par ailleurs la plus grande admiration.
Un monde enfantin, incarné par ces deux fausses jumelles, traversé par les multiples saillies électro du beatboxer (assurant un entrelacs de beats et de sons gutturaux fondamental à ce dispositif sonore) et d’un solide (bien que très jeune) pianiste.
Seul petit regret : un répertoire de chansons peut-être trop linéaires, reposant assez souvent sur les mêmes ressorts, et dans lequel il manque probablement quelques hymnes pouvant être repris par le public dans une communion totale : à force de bricoler…
Les deux soeurs de Cocorosie peuvent en tout cas se targuer de pouvoir jouer sur scène un style musical que Björk a admirablement incarné (dans les années 90, gasp !) et rêverait probablement de pouvoir encore produire aujourd’hui. Ce n’est pas rien.
Tâchez d’oublier un instant ce que vous savez du personnage. Chacun le sait, “The Voice” fut en son temps un fieffé coureur de jupons, un bien mauvais père, un probable membre de la mafia…un sacré “motherfucker” en somme.
Mais cet enfoiré avait aussi et surtout un putain de don pour la musique, une voix hors pair et un sens inné du phrasé. Miles Davis lui-même confiait dans son autobiographie — que je vous conseille instamment de lire si le jazz, la condition des noirs au mitan du XXème siècle, les femmes et la drogue vous intéressent un tant soit peu — qu’il avait appris à jouer des ballades en écoutant les versions qu’en avait données Frank Sinatra.
Chacun sait que la musique n’est pas une simple succession de notes, mais plutôt un enchaînement de phrases, elle-mêmes formées de motifs qui structurent le discours. Pour vous aider à comprendre, vous imaginez Marcel Proust entamer ainsi “Du côté de chez Swann” ?
“Longtemps, je me suis couché. De bonne heure, parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient. Si vite que je n’avais pas le temps de me dire « Je m’endors. ». Et ? Une demi-heure après ? La pensée qu’il était temps de chercher… Le sommeil m’éveillait… Je voulais poser le volume.” (original)
C’est raide. Toutes proportions gardées, c’est ce qui se produit en musique lorsque celle-ci est mal phrasée. Bien que le matériau de base ne change pas (mêmes notes, mêmes rythmes, même articulation), une phrase qui balance différemment peut perdre instantanément une grande partie de son sens. Ca va, ou je vous fais un croquis ?
Frank Sinatra possèdait ce don inné pour le phrasé. Ca se travaille, certes, mais si on le possède naturellement, pourquoi s’emmerder ? Une illustration par l’exemple ? Le voici dans cette vidéo, extraite d’un show télévisé de 1967, aux côtés d’Antonio Carlos Jobim — co-inventeur de la bossa et compositeur de chansons immortelles comme “Desafinado” “The Girl from Ipanema” “Chega de Saudade” (ma préférée) —.
Repérez tout d’abord cette manière très particulière, d’étirer les mélodies et de démarrer toutes les phrases un poil en retard, marque de fabrique des véritables crooners. En comparaison, au moment où le duo entame “The Girl from Ipanema”, Jobim passerait presque pour un professeur de solfège. Cette élasticité expressive de la phrase aurait-elle à voir avec le rubato cher aux romantiques, cette manière de ralentir et d’accélérer certaines notes pour abandonner la rigueur de la mélodie ? Je laisse le soin aux musicologues de s’étriper au sujet de cette question fondamentale pour l’avenir de l’humanité….
Remarquez ensuite le velouté, le “gras” de la voix et la justesse de l’intonation. Et puis, ces subtils décrochements de la voix dans le grave, histoire de rappeler, s’il était besoin, combien celle-ci sent le sexe et la vie. Réalisez un peu : ce type est là, assis, les jambes croisées, fume des clopes à rire-larigot, et réussit à balancer ça, d’une manière absolument décontractée, “laid back” à mort. Vous trouvez ça normal, vous ? Un putain de don, je vous le dis, moi…
Enfin, oubliez un instant la musique et jetez un oeil sur le numéro de séducteur : l’air emprunté du début, le regard dans le vide, loin du monde, tout en roulant une cibiche dans ses mains, accompagné par la voix et les accords de cristal de Jobim. La cigarette qu’il allume très vite, et dont il souffle la fumée au visage de son partenaire. Le mauvais genre érigé en art. Une classe immense. A l’ancienne. Comme une conversation chantée dont la décontraction corporelle et vocale a dû faire pâlir d’envie Jacques Demy. Remarquez au passage comme il est plus simple d’avoir l’air décontracté avec une clope à la main qu’avec une guitare. A la fin du standard “I concentrate on you”, un petit hochement de tête pour accompagner le changement de tempo, une toux vite réprimée. Un petit coup d’oeil au guitariste histoire de voir si on démarre au bon moment et une version de “Girl from Ipanema” qu’on ferait bien d’envoyer dans l’espace avant que Ben Laden ne s’en empare. Une tuerie intégrale. Sensualité, relâchement, la cendre de la cigarette qu’on envoie par terre histoire de rappeler qu’on a beau chanter des chansons de charme mais qu’on n’en est pas moins homme, le mariage de la mâle assurance et de la volupté la plus troublante. Une coda délicate et malicieuse. “She doesn’t see me”…
Un long périple. De l’eau, du feu, de l’air, la terre. Un clochard céleste. La nature. Du sang, des larmes. De belles rencontres. La nature. Des animaux. Des gens, vieux, jeunes. Beaux. Une (re)naissance. Alex the Supertramp. La nature. Des souvenirs. Le passé, le présent. Demain. La sagesse ?
“Into the Wild”, du réalisateur Sean Penn, est un film bouleversant. Courez le voir.
David Walliams et Matt Lucas sont deux génies polymorphes, dont l’activité principale (et désormais lucrative) consiste à incarner, dans la désormais mythique série “Little Britain” (estampillée BBC1), d’authentiques et pittoresques “britons”, souvent complètement azimutés ou, pire, totalement à l’ouest.
Le cerveau dérangé des Monty Python ne renierait pas l’esprit des deux compères, loin s’en faut, tant leur humour “nonsensique” est proche de celui des auteurs du “sens de la vie” ou de “Sacré Graal”. Mais là où ces deux hurluberlus excellent tout bonnement, c’est dans l’art du travestissement, dans le pipi-caca-prout élevé au rang d’art, dans le “running gag” revenant sous des formes légèrement modifiées au fil des sketches, et surtout dans la peinture d’anglais pétris de défauts mais pleins d’auto-suffisance : Andy, faisant croire à son ami Lou qu’il est handicapé (photo); Sebastian, le conseiller amoureux du 1er ministre, éloignant les pseudo admirateurs; Kenny Craig, qui hypnotise sa mère pourtant âgée afin qu’elle lui apporte son plateau repas et puisse regarder tranquillement la télé; Vicky Pollard, la caillera qui embobine de sa langue et de son accent irrésistibles (Yeah but no, but yeah but no….) ses interlocuteurs; Daffyd, qui, malgré les évidences, persiste à se prétendre “the only gay in the village”; Harvey qui demande le sein à sa mère alors même qu’il vient présenter sa future femme à ses parents (dérangeant mais irrésistible); et tant d’autres personnages hauts en couleurs (euphémisme).
Procurez-vous de toute urgence les deux premières saisons de cette série (en VO sous-titrée, la meilleure façon d’en profiter pleinement). Je n’ai rien vu d’aussi drôle depuis les Monty Python, ce qui n’est pas peu dire…
Quelques extraits pour vous mettre l’eau à la bouche :
Lou présente sa petite amie à Andy. Mais Andy ne veut pas partager celui qui s’occupe si bien de lui…
Harvey et Jane, déjeunent en compagnie de leurs parents respectifs. Mais Harvey a encore un peu faim…
Lou amène Andy à la piscine. Andy ne sait pas nager et Lou demande de l’aide au maître-nageur. Mais Andy est pressé (tendez l’oreille, la dernière phrase est “did you shower ?”)…
Je ne vous ai pas raconté… la semaine dernière, je suis allé voir Css en concert. Bon, afin d’être totalement honnête, il faut que je vous dise également qu’il y avait comme qui dirait une deuxième partie à ce concert, et que mon groupe préféré de lesbiennes brésiliennes n’était que le hors-d’oeuvre du concert de Gwen Stefani. Ca me rappelle un peu la tournée de Johnny Halliday dans les années 60, dont la première partie était tenue par Jimi Hendrix. Je jure que c’est vrai, et qui plus est facilement vérifiable. Afin de ne blesser personne, je dirai que l’un des deux est devenu une icône alors que l’autre est devenu opticien-cascadeur intermittent…
Mais revenons à mes moutons : que diable allais-je faire dans cette galère ? J’accompagnais ma fille, parbleu, et j’étais assez content de pouvoir par la même occasion écouter un groupe avec qui je chantai tout l’été, j’en suis fort aise. J’allais pouvoir danser. Las, cette première partie au son médiocre dura en tout et pour tout 30 minutes et fut, à dire vrai, assez décevante. La galère allait pouvoir commencer
Il est, à ce moment du récit, nécessaire de préciser que je ne connaissais rien, ou presque de Gwen Stefani en me rendant à ce concert. Rien, à part le “Uh-Uh, Yee-Uh” de “The Sweet Escape”, les choeurs yodelés de “Wind it up”, la reprise improbable “If I was a rich girl” et certains refrains de chansons comme “Hollaback Girl” ou “What you Waiting For”. Soit à peu près la même chose que les milliers de phoques échoués sur la même banquise que moi…
Retour aux fameux moutons. Je m’attendais donc au pire… Premiers sons. Forts. Basse-batterie dans ta face. Je cherche à comprendre ce qui se passe. La scène ? Une configuration permettant pas mal de délires. Ca bouge dans tous les sens. Des danseurs, des danseuses. Ca braille partout autour de moi. Ca saute aussi. Avec les pieds On fait la mise au point sur les musiciens. De gauche à droite. Un clavier. Une guitare. Un clavier-trompettiste. Un percusionniste-tromboniste. Un batteur. Et…j’hallucine ? Une bassiste ? Pas n’importe quelle bassiste ! Gail Ann Dorsey, rêve-je ? Herself, in person, the bassist ! Dans la même galère que moi
Rappelons à ce moment du récit que Gail Ann Dorsey, que nous appellerons désormais GAD par commodité, est la bassiste attitrée de David Bowie, qu’elle tourna avec Bryan Ferry, Tears For Fears, Khaled, entre autres et qu’elle possède une voix sublime dont elle ne se prive pas d’user, y compris avec Gwen Stefani.
Retour à mes ovins. Je passe, contrairement à ce que j’avais subodoré, un excellent concert, moins par goût musical que par intérêt pour un spectacle visuel parfaitement huilé, des chorégraphies bluffantes, des musiciens excellents (je ne quitte pas GAD du regard, ou très rarement; elle change trois fois de basse, possède un son énorme et son duo avec la batterie tourne du feu de Dieu), Gwen Stefani en pleine possession de sa voix (qu’elle a fort métallique), grande pro harangant la foule et jouant à merveille son rôle de grande prêtresse, changeant dix fois, vingt fois, de tenue, jolie et endurante, un peu cinglée aussi, décidant par exemple de fendre la foule pour se rendre au fond de la salle afin de se jucher sur la table de retour… Un show à l’américaine, réglé comme du papier à musique. Rien d’autre à ajouter. Si, un truc. Je n’aime pas ce qu’elle fait, mais il faut avouer qu’elle le fait très bien
Pour finir, histoire de vous faire baver — non, il ne s’agit pas d’une vidéo de Gwen Stefani, vous avez comme moi accès à youtube si vous êtes intéressés — “The Man who Sold the World” dans une version extraordinaire, probablement extraite d’un Taratata, titre dans lequel vous pourrez apprécier la plastique et la voix de Bowie (qui ferait se damner un couvent entier de bonnes soeurs lapones), le son de basse (comment font-ils pour obtenir un son pareil, nom de Dieu!) ainsi que la frimousse étrange de GAD, sans compter les expérimentations sonores du guitariste Reeves Gabrels (pourquoi son solo de fin ne dure-t-il pas 3 heures ?)… Enjoy, bande de veinards
Envie d’un petit périple beatlesien ? A la recherche d’un des lieux mythiques du Rock en Angleterre ou plus simplement d’un bon vieux concert de Rock à Londres ? Envie de refaire la tapisserie des WC ou de votre salle de classe (aucun rapport entre les deux, quoique…) ?
La carte d’Angleterre proposée par ce site, listant les haut-lieux du Rock au pays de sa majesté et destinée, en loucedé, à promouvoir le tourisme local, devrait vous combler. En plus, elle est gratuite, ce qui est suffisamment rare pour être souligné.
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