avr 06

“Dear John”, le nouvel album de Loney, Dear. Le suédois au visage poupin, qui nous avait habitué à une folk assez minimale et intime, signe ici un album plutôt pop qui ne délaisse pas pour autant l’introspection.

Amateurs de mélodies imparables…

écrit par pazpatu

déc 30

…comme son nom l’indique, “qui vient après” (j’ai fait anglais en LV1, même pas eu besoin d’un dictionnaire, ça vous la coupe, hein ?).

Désigne également, dans le jargon de Canal+, les courts jingles précédant les coupures publicitaires dans l’émission “le Grand Journal”. En dehors du fait que les animateurs s’y trémoussent de concert, avec des fortunes diverses, ces petites virgules musicales possèdent la particularité de changer toutes les semaines et d’être de très bonne tenue. Ce que vous entendez là a généralement une petite longueur d’avance sur ce que vous entendrez bientôt…understand ? :-)

Comme vous vous en doutez, des fondus (personne ne sait s’ils sont savoyards ou bourguignons) recensent scrupuleusement tous les morceaux illustrant ces coming-next : les voilà.

J’en ai recherché beaucoup sur le net, sans savoir qu’un autre savoyard/bourguignon (barrer la proposition inexacte) avait déjà bossé dans Deezer. Qu’il soit loué, comme le seigneur (ou les poulets) !

P.s. les morceaux les plus récents sont tout au bout, là…voilà…
P.s. 2 et une petite playlist pour Nouvel-an, une !

écrit par pazpatu

sept 06

 C’est toujours pareil. Systématique et ostentatoire. Ostensible, dites-vous ? Va pour ostensible…

Toujours la même chanson, au propre comme au figuré. Aujourd’hui comme hier, et certainement demain, ma chère et tendre chante devant sa purée cet improbable tube pubesque estampillé 1976 :  “Quand je fais de la purée Mousline, je suis sûre que tout l’monde en reprend“. Mes enfants la connaissent , à force, et même si la source leur est inconnue, ils rigolent de bon cœur.

Sauf qu’aujourd’hui, j’ai pris les choses en main. Je leur ai fait voir et entendre l’original. Ca a vieilli, indubitablement, mais la musique, signée  Roland Vincent — compositeur de “Pour un flirt” et “Chez Laurette”, excusez du peu —, reste très classe. On a bien rigolé :-)

Mais vous savez ce que c’est. Clic. Clic. On ne peut pas s’en empêcher. Clic. Clic. On se retrouve très vite à ré-écouter ça (une de mes préférées du monde de tous les temps, signée du génialissime Gotainer) et bien sûr ça (même pas de mérite tellement elle est mortelle). Bon j’arrête, je suis en train de me taper Royco et Narta. Au secours !!!!!Et vous, vos musiques de pub préférées ?

écrit par pazpatu

mai 31

Quand je vous disais que c’était une chanson merveilleuse. Amy Winehouse a reçu le prestigieux prix Ivor Novello pour sa chanson «Love Is a Losing Game». Fidèle à sa sulfureuse réputation, l’artiste est arrivée trop en retard pour recevoir son prix. «Rehab», son précédent tube, avait déjà reçu ce même prix l’an dernier — rappelons que cet honneur est décerné par les auteurs-compositeurs britanniques —. Espérons simplement que l’alcool et la drogue ne l’emportent pas trop vite au pays de Janis Joplin…Allez, encore une fois, pour le plaisir…

écrit par pazpatu

mai 24

Je suis plutôt chanceux avec mes lectures, en ce moment. Les petits pavés emplis de mots s’enchaînent à un bon rythme. J’aime ressentir cette urgence produite par certains livres, malheureusement trop rares.

Lu il y a peu le volume 3 des “Chroniques d’Alvin le Faiseur”, d’Orson Scott Card. Je ne dirai jamais assez tout le bien que je pense de cette saga de pionniers aux Etats-Unis, tant chaque nouveau tome est un enchantement. Il est bon de savoir qu’il m’en reste encore 4 à lire ;-)

Et puis, ce merveilleux petit livre (par la taille) de Pierre Silvain, que je vous recommande chaudement : “Julien Letrouvé, Colporteur”. Une langue admirable — et je pèse mes mots —, de très longues phrases au flux desquelles il faut s’abandonner, un récit initiatique ayant pour arrière-fond la bataille de Valmy, des chapitres se succédant à un rythme soutenu: un petit chef-d’oeuvre — message perso : totope, cours chez ton libraire ! —.

Actuellement, “La loi des rêves” de Peter Behrens s’annonce comme une très, très bonne pioche. Là encore, une histoire de colons aux Etats-Unis d’Amérique (est-ce vraiment un hasard, who knows ?), chassés par l’épidémie de mildiou du milieu du 19ème siècle en Irlande.

Par contre, question disque, il fut difficile de se relever du choc MGMT, qui restera, n’en doutons pas, comme le meilleur disque de 2008. Evidemment Portishead, évidemment, mais mes états d’âme (Eric ?) m’interdisent actuellement l’ingestion de telles plages crépusculaires. En guise d’antidote, je conseillerais plutôt les très réjouissants albums de Midnight Juggernauts et de Kenna. Ca n’a pas la même tenue que MGMT, mais on peut se les passer en toutes circonstances, ça ne mange pas de pain. Au menu, électro-rock pour le premier (j’adore “Into the Galaxy”) et pop aguicheuse “rnb’isée” (produite par les Neptunes, excusez du peu) pour le second — écoutez “Say goodbye to love” pour vous faire une petite idée de la chose —.

Une petite sucrerie musicale pour finir, un cross-over de Brassens et Diam’s (sic) qui m’a beaucoup fait rire (merci à Bob pour le lien). Puisse ce divertimento, en ces temps de récession et de marasme économique, vous apporter un peu de joie et de bonheur.

Ah oui, j’oubliais ! Rendons également hommage aux quelques centaines de figurants qui ont pris sur leur temps libre, plutôt que de rester sagement à la maison auprès de l’âtre, pour faire un peu de publicité à Pazblog. Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés — thx broza ;-) —.

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écrit par pazpatu

mai 14

Concert de Cocorosie hier au soir à la Kulturfabrik d’Esch/Alzette. Passé un bon moment en compagnie des soeurs Casady. Instrumentarium délirant fait d’un mélange hétéroclite de petits instruments enfantins (flûtes en tout genre, jouets Fisher Price dispensant des petits sons cheap comme ceux qui ont vrillé les oreilles de tant de parents, petits glockenspiel, dictaphone…), de binious traditionnels (Hu lu si chinois, harpe celtique, harmonium, piano, synthé) et d’une human beatbox.

Dispositif scénique réduit au minimum : une table pour les petits instruments, 4 personnes pour jouer de tout ce fatras, (dont le multivocaliste qui ne se servait que de son orifice buccal, fichtre !) et un pauvre drap tendu destiné à recueillir une projection de très belles images tour-à-tour oniriques, étranges, glauques et parfois dérangeantes.

Deux frangines maîtrisant parfaitement cette machinerie de nature expérimentale : Sierra, solaire et rayonnante, multi-instrumentiste à la voix lyrique bien maîtrisée, dansant volontiers au centre de la scène en véritable “patronne” de la confrérie; Bianca, bien plus discrète, souvent dos au public, bricolant de petits sons espiègles sur une grande table, chantant discrètement dans un dictaphone dont le matériel sonore serait instantanément recyclé au micro, soufflant dans une multitude de flûtes et usant d’un chant extrêmement particulier évoquant parfois Joanna Newsom (écoutez la fin de ce génial morceau, please) ou Björk, deux artistes pour lesquelles j’ai par ailleurs la plus grande admiration.

Un monde enfantin, incarné par ces deux fausses jumelles, traversé par les multiples saillies électro du beatboxer (assurant un entrelacs de beats et de sons gutturaux fondamental à ce dispositif sonore) et d’un solide (bien que très jeune) pianiste.

Seul petit regret : un répertoire de chansons peut-être trop linéaires, reposant assez souvent sur les mêmes ressorts, et dans lequel il manque probablement quelques hymnes pouvant être repris par le public dans une communion totale : à force de bricoler…

Les deux soeurs de Cocorosie peuvent en tout cas se targuer de pouvoir jouer sur scène un style musical que Björk a admirablement incarné (dans les années 90, gasp !) et rêverait probablement de pouvoir encore produire aujourd’hui. Ce n’est pas rien.

écrit par pazpatu

mar 09

Depuis l’avènement des improbables Lordi en 2006, un vent de folie semble souffler sur la vénérable institution du concours Eurovision de la chanson.

Souvenez-vous. Avant, l’eurovision c’était ça. Ou ça. Un programme soporifique et kitsch que l’on regardait invariablement en famille, une des rares soirées où l’on avait le droit de veiller tard et de se fader en somnolant l’inénarrable égrènement (j’avais le choix entre égrènement et égrenage, j’ai préféré le premier ne me demandez pas pourquoi, ça se passe comme ça chez McPazblog’s) du décompte des points.

L’an passé, les français avaient déjà joué la carte du décalage avec les Fatals Picards — qui sait ce qu’ils auraient fait cette année après le succès de “Bienvenue chez les Ch’tis” ? ;-) —, mais cette année, une étape supplémentaire vient d’être franchie. Le candidat choisi par la France est…

roulement de tambour…

Sébastien Tellier !

Lecteurs réguliers de Pazblog, ce nom ne vous est pas inconnu. Son dernier disque, “Sexuality”, — produit avec un des Daft Punk, Guy de machin-truc de Linda de Souza —, cartonne très fort en ce moment et récompense enfin un auteur-compositeur-interprète extrêmement talentueux possédant, toutes proportions gardées, l’aura et la fantaisie d’un Gainsbourg ou d’une Brigitte Fontaine alliées à la classe et l’élégance de Christophe ou de Françoise Hardy — vous avez noté le souci de parité ? Au départ, je n’avais noté que Gainsbourg, Bashung et Christophe. Il me sera beaucoup pardonné ;-) —.

Je me souviendrai toujours de ce concert du groupe Air, dont il “assurait” la première partie, et dans lequel ce grand escogriffe arriva comme si de rien n’était, sans se soucier du public et visiblement sous l’effet d’un psychotrope puissant, portant costard sombre et cheveu gras, affublé de sa seule guitare modèle fender pitoyablement accordée, uniquement accompagné d’une musicienne jouant du Theremin (vous avez bien lu) : grand souvenir de spectateur ! A la fois pathétique et génial !

Mais Tellier est surtout connu pour “la Ritournelle”, un standard immortel dont César en personne ne serait pas parvenu à faire la compression, et que le monde entier nous envie.

Grand adepte du happening décalé, cet Edouard Baer de la chanson, au goût très sûr, cite à longueur d’interview “Ancora Tu” de Lucio Battisti comme une de ses principales références, reprend “La Dolce Vita” de Christophe en surpassant l’original et avoue préférer les sons moites aux accords tristes ? Avouez que ça de la gueule !

Et bien voilà ! Notre gars Sébastien Tellier, dont on voit la barbe chabalienne en tête de gondole des Inrocks et de Magic, de Tsugi et de Trax, VA REPRESENTER LA FRANCE AU GRAND CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON (version 2.0 post-Lordi), avec sa chanson Divine. Quelque-chose me dit qu’on ne va pas s’emmerder cette année :-)

écrit par pazpatu

mar 08

Ne rigolez pas, c’est très sérieux. Scientifique. Quasi-mathématique.

Combien de fois avez-vous écouté la musique d’une pub en vous disant : “Un morceau des Stones pour vendre une bagnole ? On aura tout entendu !“, ou “Et pourquoi pas du Barbelivien pour le camembert Président ?” ou encore “Vous êtes sûr que c’est bien Iggy Pop qui répond quand on appelle Sfr ?“. Pour les publicitaires d’aujourd’hui, plus rien n’est tabou. Il suffit d’y mettre le prix.

Des petits malins du Washington Post ont pensé à cette dichotomie et proposent de calculer en ligne ce qu’il appellent le “quotient Moby”, soit une équation permettant de mesurer jusqu’à quel point on peut être scandalisé par l’usage d’une chanson dans une pub.

J’ai fait l’essai avec Yaël Naïm, dont le “New Soul” est utilisé par Mac pour vendre sa came (je n’avais jamais remarqué le quasi-palindrome) : la jeune française s’en sort plutôt bien avec 36,41. Beaucoup mieux en tout cas que les Clash dont le “London Calling” a été utilisé pour fourguer une jaguar (100,22).

Vous qui êtes “aware”, vous êtes-vous retrouvés surpris, voire interloqués, par l’usage de certaines musiques dans la pub ?

P.s. Bill Wyman, l’auteur de l’article du Washington Post, était bien le bassiste des Stones, non ? ;-)

écrit par pazpatu

fév 24

Tâchez d’oublier un instant ce que vous savez du personnage. Chacun le sait, “The Voice” fut en son temps un fieffé coureur de jupons, un bien mauvais père, un probable membre de la mafia…un sacré “motherfucker” en somme.

Mais cet enfoiré avait aussi et surtout un putain de don pour la musique, une voix hors pair et un sens inné du phrasé. Miles Davis lui-même confiait dans son autobiographie — que je vous conseille instamment de lire si le jazz, la condition des noirs au mitan du XXème siècle, les femmes et la drogue vous intéressent un tant soit peu ;-) — qu’il avait appris à jouer des ballades en écoutant les versions qu’en avait données Frank Sinatra.

Chacun sait que la musique n’est pas une simple succession de notes, mais plutôt un enchaînement de phrases, elle-mêmes formées de motifs qui structurent le discours. Pour vous aider à comprendre, vous imaginez Marcel Proust entamer ainsi “Du côté de chez Swann” ?

“Longtemps, je me suis couché. De bonne heure, parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient. Si vite que je n’avais pas le temps de me dire « Je m’endors. ». Et ? Une demi-heure après ? La pensée qu’il était temps de chercher… Le sommeil m’éveillait… Je voulais poser le volume.” (original)

C’est raide. Toutes proportions gardées, c’est ce qui se produit en musique lorsque celle-ci est mal phrasée. Bien que le matériau de base ne change pas (mêmes notes, mêmes rythmes, même articulation), une phrase qui balance différemment peut perdre instantanément une grande partie de son sens. Ca va, ou je vous fais un croquis ? ;-)

Frank Sinatra possèdait ce don inné pour le phrasé. Ca se travaille, certes, mais si on le possède naturellement, pourquoi s’emmerder ? Une illustration par l’exemple ? Le voici dans cette vidéo, extraite d’un show télévisé de 1967, aux côtés d’Antonio Carlos Jobim — co-inventeur de la bossa et compositeur de chansons immortelles comme “Desafinado” “The Girl from Ipanema” “Chega de Saudade” (ma préférée) —.

Repérez tout d’abord cette manière très particulière, d’étirer les mélodies et de démarrer toutes les phrases un poil en retard, marque de fabrique des véritables crooners. En comparaison, au moment où le duo entame “The Girl from Ipanema”, Jobim passerait presque pour un professeur de solfège. Cette élasticité expressive de la phrase aurait-elle à voir avec le rubato cher aux romantiques, cette manière de ralentir et d’accélérer certaines notes pour abandonner la rigueur de la mélodie ? Je laisse le soin aux musicologues de s’étriper au sujet de cette question fondamentale pour l’avenir de l’humanité….

Remarquez ensuite le velouté, le “gras” de la voix et la justesse de l’intonation. Et puis, ces subtils décrochements de la voix dans le grave, histoire de rappeler, s’il était besoin, combien celle-ci sent le sexe et la vie. Réalisez un peu : ce type est là, assis, les jambes croisées, fume des clopes à rire-larigot, et réussit à balancer ça, d’une manière absolument décontractée, “laid back” à mort. Vous trouvez ça normal, vous ? Un putain de don, je vous le dis, moi…

Enfin, oubliez un instant la musique et jetez un oeil sur le numéro de séducteur : l’air emprunté du début, le regard dans le vide, loin du monde, tout en roulant une cibiche dans ses mains, accompagné par la voix et les accords de cristal de Jobim. La cigarette qu’il allume très vite, et dont il souffle la fumée au visage de son partenaire. Le mauvais genre érigé en art. Une classe immense. A l’ancienne. Comme une conversation chantée dont la décontraction corporelle et vocale a dû faire pâlir d’envie Jacques Demy. Remarquez au passage comme il est plus simple d’avoir l’air décontracté avec une clope à la main qu’avec une guitare. A la fin du standard “I concentrate on you”, un petit hochement de tête pour accompagner le changement de tempo, une toux vite réprimée. Un petit coup d’oeil au guitariste histoire de voir si on démarre au bon moment et une version de “Girl from Ipanema” qu’on ferait bien d’envoyer dans l’espace avant que Ben Laden ne s’en empare. Une tuerie intégrale. Sensualité, relâchement, la cendre de la cigarette qu’on envoie par terre histoire de rappeler qu’on a beau chanter des chansons de charme mais qu’on n’en est pas moins homme, le mariage de la mâle assurance et de la volupté la plus troublante. Une coda délicate et malicieuse. “She doesn’t see me”…

The Voice. What else ?

écrit par pazpatu

jan 26

Prenez 5 minutes. Ou plus si affinité. J’ai écouté ce morceau 10 fois (20 fois, 50 fois ?) depuis hier minuit. Perte de repères. Stupéfaction devant tant de beauté. Ca commence par une voix et une guitare. Trois fois rien. Dès la deuxième phrase, vous êtes partis. Où ? Je me garderai bien de vous le dire en ce qui me concerne.  Bien sûr Nick Drake, José Gonzales, Kate Bush… Bien sûr. Mais laissons-là les références. Elles sont vaines ici. La voix d’Allison Goldfrapp est à la fois assurée et fragile, gracieuse et évidente, solide et évanescente. Elle est portée par un arrangement d’une beauté à couper le souffle. Elle est un ange.

P.s. le nouveau disque de Goldfrapp “Seventh Tree”, est annoncé pour le 25 février 2008. Attendez-vous à en lire du bien ici. Bientôt.

écrit par pazpatu